La NBA est loin de reprendre pour le moment et ce n’est pas des épisodes façon Koh Lanta avec des pseudos rebondissements et pseudos accords qui vont nous faire croire qu’il y ‘ aura un mieux dans les prochains jours, alors intéressons nous à l’histoire de la NBA et plus précisément des légendes des parquets  à qui j’ai porté une admiration à travers les années, et je peux le dire sans abus qu’on ne retrouvera peu ou pas de joueurs comme ça dans  l’avenir.

Après Stockton , il était évident de parler du  monsieur muscle de l’époque Karl Malone , une brute  de 2M06 et 116 kilos qui a martyrisé les arceaux et les défenses adverses avec des coudes en avant et un sens du dirty game devenu une philosophie de jeu pour le “mailman”. Bien loin de sa grande carrière , ses débuts dans la vie sont ” misérables”.Né le 24 juillet 1963 à Summerfield en Louisiane , huitième enfant d’une famille de neuf , il voit son père déserter le foyer alors qu’il n’a que 4 ans.Désormais seule, sa mère assume deux emplois mais ne parvient cependant pas à payer les frais scolaires de ses enfants, c’est ainsi que la forêt et la nature représenteront un cadre de vie qui conforteront  son caractère à toute épreuve.C’est avec une roue de vélo accrochée  à un tronc d’arbre  que Malone  fait ses premières armes au basket.

Des rêves plein la tête dus à sa condition de déshérité, son objectif est de faire de sa vie un exemple pour tous, et sa ténacité va lui permettre d’intégrer  Lousiana Tech malgré de grosses lacunes scolaires en 1981. Non éligible , il doit attendre un an pour jouer , et pendant ce temps Karl bosse comme un dingue  : ” J’ai laissé tomber ma famille , et je ne pouvais pas tout gâcher “ explique Malone. Fort d’une année de musculation, le jeune freshman détruit tout sur son passage avec un physique de déménageur et il  conserve une étonnante mobilité.

Malone termine sa première année à 20,9pts 10,1rebds. La deuxième avec 18,8pts et 8,8rebds et la troisième avec 16,5pts 9,3rebds, le tout avec une incroyable efficacité, ce qui lui vaudra le surnom de ” the mailman” autrement dit le facteur, car il distribue tous les soirs points, rebonds et passes.

Il est élu joueur de l’année  en Lousiane en 1983 mais les scouts NBA ne le remarquent pas car ses chutes statistique d’année en année inquiètent. Bobby Knight le coupera très rapidement d’ailleurs  lors de la présélection  pour les jeux olympiques de Los Angeles bien avant Stockton.

Mais comme toujours , Le Jazz  qui aime les joueurs atypiques et l’ont repéré  depuis un moment, et il est sélectionné en 13eme position de la draft 1985. 13 équipes vont passer à côté de Malone , personne ne souhaite l’intégrer à son roster mais Layden le prend et ne se doute pas qu’il tient, avec Stockton  l’équipe des Jazz pour les 20 ans à venir….

Ses débuts sont difficiles, trente minutes de jeu pour 14,9pts et 8,9rebds 2,9ass et 0,5bl , un rendement misérable pour un tel physique, surtout qu’il provoque beaucoup de fautes mais sa réussite aux lancers francs est pathétique : 48,1%..Une première  saison décevante en somme  mais Malone est un acharné et les saisons suivantes ,son travail notamment au shoot va s’avérer payant ( il ne passera pas en dessous des 70% aux lancers francs notamment).

En 1986 , Malone est le franchise player ( Dantley est transféré), sa moyenne statistique explose 21,7pts 10,4rebds 2ass, pour sa 2eme saison et 27,7pts 12rebds 2,4ass la suivante. La star se révèle et son association avec Stockton va enfin apporter une identité à cette équipe des Jazz. Son jeu basé sur le physique ainsi que les caviars de Stockton lui permettent de martyriser les défenses chaque soir, pas de dunk, pas de geste compliqué, mais une efficacité impressionnante et sa nomination huit fois de suite dans le  All NBA first team montre à quel point le joueur est régulier. Un travail récompensé  à sa juste valeur lorsqu’il reçoit le titre de MVP en 1997 avec 27,4pts 10rebds et 4,5ass et également en 1999  avec 23,8pts 9,4rebds 4,1ass.

D’un point de vue collectif, Utah connait les playoffs chaque année. Malone institutionnalise le pick and roll avec Stockton et malgré un shoot en nette progression  , c’est son physique et son jeu musclé qui sont sa marque de fabrique et il le fait comprendre chaque soir à ses victimes : ” c’est un combat d’homme, les autres peuvent rester chez leur mère”. Mis à part O’neal, peu de joueurs sont aussi puissants que lui et son hygiène de vie lui permet de ne manquer que 9 matchs en 18 saisons à Utah, la plupart par suspension. Karl Malone est avant tout un “barbare ” ses all star games  ( 2 fois MVP ) sont  à l’image du joueur :  “un match comme un autre.” Il sera également membre de la Dream team de Barcelone et sera champion olympique à 2 reprises.

Comme tous les grands joueurs des années 90 il touchera de près le trophèe NBA, en échouant à deux reprises face aux Bulls de Jordan et contre les Detroit Pistons plus tard lorsqu’il jouera pour les Los Angeles Lakers. En playoffs sa moyenne sera quasi identique aux saisons  : 24,7pts 10,7rebds 3,2ass

Si Malone n’a jamais été un joueur apprécié : patriote à outrance, adepte des fautes techniques et des coups bas,   il est difficile de ne pas admirer toutefois l’éthique du “mailman” et sa force de caractère. En se constituant un physique de bodybuilder tout en étant incroyablement mobile, le joueur a pu en 19 saisons  se constituer un des plus grands palmarès de l’histoire de la NBA: 36928 points ( 2eme meilleure performance de l’histoire de la NBA), 14 all star games , 2 titres de MVP de la saison , une nomination dans les 50 meilleures joueurs de l’histoire, Hall of Fame en 2010 et une moyenne statistique en carrière digne des plus grands : 25pts 10,1rebds 3,2ass 1,4stl

S’il est difficile de cerner le personnage qui peut paraître rustre au premier abord,  il représente  avant tout l’image d’une franchise pendant plus de dix ans, un battant qui n’a jamais capitulé face aux difficultés et qui a montré une régularité dans son jeu sans faille jusqu’en 2002. Il est l’un des principaux intérieurs star qui a révolutionné son poste à l’époque,  en se révélant une sérieuse menace en dessous mais également  à 3  – 4 mètres. Difficile de trouver un joueur actuel ressemblant au “mailman”, et rien que pour ses duels avec Rodman et son arrivée au Delta center en poids lourd  , ce joueur ne peut que manquer à la NBA.